Eglise abbatiale romane des XIe et XIIe siècles, située dans l’ancienne province du Rouergue, aujourd’hui le département de l'Aveyron.
L’abbaye de Conques constituait une importante étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. On y vénérait, en outre, les reliques de sainte Foy, une martyre de la région d'Agen. Selon une légende, un moine de Conques aurait dérobé les reliques pour les transporter dans son monastère. Le trésor de Sainte-Foy de Conques conserve toujours la statue reliquaire de la sainte (essentiellement constituée de bois, surmontée d'une tête antique remployée et revêtue d'un habillage de feuilles d'or et de gemmes1 des IXe-Xe siècles).
Par son architecture, l'église abbatiale se rattache à une série de cinq édifices (Saint-Martin de Tours détruit pendant la Révolution française, Saint-Martial de Limoges, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Jacques-de-Compostelle), tous situés sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques et présentant des caractéristiques communes : plan à déambulatoire et chapelles rayonnantes, transept pourvu de bas-côtés pour faciliter la circulation des pèlerins. Ces traits communs s'étendent également à l'élévation et au système de contrebutement2. La nef possède deux niveaux et comprend de grandes arcades surmontées de tribunes voûtées en demi-berceau, permettant ainsi de contrebuter la voûte en berceau de la nef centrale. L'élévation de l'abside3 diffère de celle de la nef, puisqu’elle possède trois niveaux : grandes arcades, ouvertures sous combles alternant avec des baies aveugles et des fenêtres hautes permettant un éclairage direct du sanctuaire. De 1987 à 1994, le peintre français Pierre Soulages a réalisé les vitraux de 95 verrières et de 9 meurtrières, dont le style est en parfaite correspondance, tant artistique que spirituelle, avec l’austère grandeur du lieu.
La construction de l'église abbatiale Sainte-Foy est entreprise par l'abbé Odolric vers le milieu du XIe siècle. Le chevet a certainement été achevé avant son décès en 1065. Par la suite, les travaux traînent quelque peu et la nef n’est achevée qu'au début du XIIe siècle. Il est en outre possible que le monument ait été modifié en cours de chantier. Ainsi, le chevet4 débute-t-il par une série de quatre chapelles échelonnées pour n'adopter qu'ensuite le système à déambulatoire5 et chapelles rayonnantes6. Le portail occidental est surmonté d'un tympan7, sculpté dans la première moitié du XIIe siècle, représentant le Jugement dernier, abritant 124 sculptures de personnages.
Depuis 1993, l’abbatiale est le siège du Centre européen d’art et de civilisation médiévale.
Liens vers des sites :
- www.conques.fr
- www.conques.com
- www.ecliptique.com/conques
- www.art-roman.net/conques/conques.htm
- fr.wikipedia.org/wiki/Conques
1. Gemme : Une gemme est une pierre fine, précieuse ou ornementale ou n'importe quelle matière très dure ou colorée ayant l'aspect de ces pierreries et utilisée comme ornement.
2. contrebutement : Action d'opposer une poussée à une autre en vue de neutraliser celle-ci. Dispositif de soutien qui s'oppose à une poussée et la neutralise.
3. abside : du latin absis lui même dérivé du grec ἁψίς (voûte, arcade), est la partie qui termine le chœur d'une église, soit par un hémicycle, soit par des pans coupés, soit par un mur plat. L'abside, située à l'arrière du chœur est généralement orientée vers l'est.
4. chevet : En architecture religieuse, le chevet (du latin caput, « tête ») désigne généralement l'extrémité postérieure d'une église. C'est-à-dire l'ensemble des murs, fenêtres et toiture du chœur et de l'abside, vus de l'extérieur.
5. déambulatoire : Le déambulatoire est une galerie qui sépare le chœur d'une église des chapelles absidiales. Cet élément architectural est apparu dès l'époque carolingienne dans les églises d'Occident : il avait alors la forme d'un couloir coudé desservant des chapelles prolongeant le chœur. En fait, c'est une galerie qui contourne le coeur par l'arrière.
6. chapelles rayonnantes : En architecture, une chapelle absidiale ou « chapelle rayonnante » est une chapelle ayant la forme d'une abside. Ces chapelles sont intégrées dans l'architecture d'une église. Elles sont accolées au déambulatoire ou, si celui-ci n'existe pas, directement à l'abside.
7. tympan : En architecture, le tympan est la surface verticale d'un fronton remplissant le triangle délimité par les corniches, ou la partie verticale d'un portail, comprise entre le linteau et un arc plein-cintre ou une voûte d'ogive. Il est alors surmonté par des archivoltes. Il est souvent utilisé pour présenter un bas-relief en façade des églises d’architecture romane ou gothique.







Commentaires
J'aime bien votre site, bravo.
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